Dans le cas du développement d’une culture organisationnelle de sécurité des aliments, les nouvelles orientations du GFSI 2020 sont nouvelles, mais … pas si nouvelles que cela !

Techniquement, l’entreprise déjà orientée satisfaction-client et qui promeut des valeurs fortes telles : l’intégrité, l’engagement, la responsabilisation, l’amélioration continue, la collaboration, la transparence et le respect ne sera pas prise au dépourvu devant les nouvelles orientations du GFSI 2020. Dans les faits, si ces valeurs sont comprises, intégrées et partagées par tous, il y a déjà probablement, à l’interne, une culture de sécurité des aliments !

Bien sûr, le GFSI a toujours eu comme orientation de renforcer les responsabilités de la haute direction à l’égard de la sécurité des aliments fabriqués. Ces responsabilités ont été déclinées à travers plusieurs exigences telles :

  • l’adoption d’une politique forte en matière de gestion de la sécurité des aliments ;
  • l’obligation d’allouer les ressources nécessaires au déploiement et au maintien d’un système de gestion de la sécurité des aliments conforme aux éléments du référentiel cible ;
  • la nécessité de communiquer à tous les échelons de l’organisation les responsabilités à l’égard de la sécurité des aliments, d’intégrer la sécurité des aliments à la revue de direction ;
  • d’endosser une démarche d’amélioration continue des processus en lien avec la sécurité des aliments ;
  • et autres.

Bien que ces différents éléments aient été contraignants et exigeants, l’aspect culture restait, toutefois, absent. Dans cette dernière version, le GFSI 2020 corrige le tir et fait maintenant mention très clairement de la nécessité d’inclure ces éléments dans une culture de la sécurité des aliments, comprenant au minimum :

  • la formation ;
  • la communication externe et interne, dont le retour d’information des employés vers la direction ;
  • la mesure du rendement sur les activités liées à la sécurité des aliments.

Cette mention, quant à la culture de sécurité des aliments fait donc maintenant partie ou fera partie intégrante des référentiels sous la gouverne du GFSI, lors des prochaines révisions.  Pour ce qui a trait au SQF, V.9, l’édition d’évaluation insère cet aspect dans trois éléments de son code. Ce faisant, le code statut que la direction doit, en conformité avec l’orientation du GFSI 2020 :

  • 2.1.1.1 établir et maintenir une culture de sécurité des aliments ;
  • 2.1.1.2 diriger et soutenir une culture de sécurité des aliments au sein du site ;
  • 2.1.2.1 examiner, minimalement une fois par année, la performance de la culture de sécurité des aliments.
Culture de sécurité des aliments, d’accord, mais qu’est-ce que réellement ?  

Au-delà des obligations spécifiées qui traduiront, dans les référentiels, la nouvelle orientation du GFSI 2020, la difficulté réelle de cette exigence reste à définir ce que l’on entend par : culture de sécurité des aliments.

Il n’y a pas de réponse définitive à cette question et chacun devra interpréter le tout, à partir de sa propre compréhension de la chose. Disons, pour notre part et de manière générale, que le développement d’une culture de sécurité des aliments passe par la création d’une identité organisationnelle forte, partagée, où chacun, à son niveau de responsabilités, concourt à l’atteinte de l’objectif général commun : assurer la fabrication et la commercialisation d’aliments ou, selon le cas, de fournitures alimentaires, dont la sécurité est garantie !

Pour y arriver, pas de démarche préformatée ! Le développement d’une culture, c’est en quelque sorte la création d’un état d’esprit, d’un sentiment d’appartenance, d’une connexion partagée verticalement et transversalement dans toute l’organisation. C’est une manière de voir et de concevoir son travail, de réaliser ses tâches quotidiennes en étant conscient que les gestes posés peuvent conduire ou nuire à l’objectif général commun de sécurité des aliments. Dans cette orientation, la sécurité des aliments n’est plus uniquement une notion technique, elle devient philosophique et créatrice d’engagement réel ! En somme, tout un défi !

Culture de sécurité des aliments, d’accord, mais comment ?  

Le développement d’une culture de sécurité des aliments n’est pas le fruit du hasard. C’est la personnalité de l’entreprise qui se dessine et se peaufine par des efforts constants et soutenus. Cette démarche est rendue possible parce que la haute direction considère que la création de cette culture peut avoir un impact stratégique sur la performance de l’entreprise.

Pour créer une personnalité organisationnelle forte, axée sur la sécurité des aliments, le premier élément de base reste l’adoption de valeurs porteuses de sens. Nous avons mentionné, en début d’article, des valeurs telles : l’intégrité, l’engagement, la responsabilisation, l’amélioration continue, la collaboration, la transparence et le respect. Ce sont des exemples ; l’entreprise est libre d’adopter les valeurs qui traduisent le mieux ses intentions. Une fois énoncées, ces valeurs constitueront l’assise des orientations à privilégier et des actions à entreprendre.

Rédactrice : Martine Guilbault, Blogue GFC Ressources inc.